Caisse de pension

Comprendre le taux de conversion

Le taux de conversion sert à calculer le montant des rentes de vieillesse. Idéalement, il se base sur le taux d'intérêt technique et sur l'espérance de vie.

Le taux de conversion: quésaco?

Fondamentalement, le calcul du taux de conversion n'est pas bien compliqué. Voici un exemple:

Jean Dupont est âgö de 65 ans. Il vient de prendre sa retraite. Selon les statistiques, il lui reste un peu plus de 20 ans à vivre. Sachant qu'il a épargné 100'000 CHF dans sa caisse de pension, quel sera le montant de sa rente annuelle?

Pour le savoir, il faut diviser par 20 la somme de 100'000 francs. Autrement dit, M. Dupont dispose de 5'000 francs par an pour financer sa retraite. Ce montant de 5'000 francs correspond à 5% de l'avoir accumulé par M. Dupont dans sa caisse de pension. C'est ce qu'on appelle le taux de conversion.

La loi fixe un taux de conversion minimal

Le taux de conversion permet donc de convertir en rente à vie le capital de vieillesse qui a été épargné dans la caisse de pension.

On parle souvent du taux de conversion minimal. Pour la partie obligatoire de la prévoyance professionnelle, les caisses de pension doivent obligatoirement respecter ce taux minimal.

Défini en 1985 lors de l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle (LPP), le taux de conversion minimal a fait l'objet de nombreux débats en amont de la votation la Prévoyance vieillesse 2020. Cette réforme a entretemps été rejetée. Le taux de conversion LPP s'élève à 6,8% en 2019.

Exemple

Avoir de vieillesse Taux de conversion  Rente annuelle 
100'000 CHF 6,8 % 6'800 CHF

Comment calcule-t-on le taux de conversion?

Le taux de conversion dépend principalement de deux facteurs: l'espérance de vie à la retraite et le taux d'intérêt technique.

L’espérance de vie à la retraite a sensiblement augmenté ces 30 dernières années. Avec l'espérance de vie, la durée moyenne de perception des rentes augmente elle aussi. Or, le taux de conversion minimal actuel ne tient pas compte de cette évolution.

Conseils autour du deuxième pilier

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Faibles perspectives de rendement

Outre l’espérance de vie, un deuxième élément joue un rôle crucial pour déterminer le taux de couversion. Il s’agit du taux d'intérêt technique. Le taux technique sert d’hypothèse pour calculer la rémunération du capital finançant le versement des rentes. Cette hypothèse dépend de l’évolution attendue sur les marchés financiers. Or, la situation n'est pas au beau fixe: ces dix dernières années, les caisses de pension n’ont pas obtenu le rendement d’environ 5% qui serait nécessaire pour financer le taux de conversion en rigueur. La tendance à long terme ne laisse pas présager d'amélioration notable.

Quel taux de conversion serait réaliste?

Une espérance de vie élevée, de faibles rendements. L'épargne s'accroît plus lentement, mais le capital épargné doit suffire plus longtemps. Dans ces conditions, le taux de conversion LPP de 6,8% est beaucoup trop élevé.

Voici un exemple plus proche de la situation actuelle: un homme qui prend sa retraite à 65 ans a une espérance de vie rösiduelle de 20 ans, selon les statistiques. Si l'on estime le rendement annuel à 2,5%, on obtient un taux de conversion de 5,14%.

En 2018 en Suisse, l’espérance de vie était de 81,7 ans pour les hommes et de 85,4 ans pour les femmes.

Des conséquences alarmantes

Malgré un montant irréaliste, les électeurs ont rejeté le projet «Prévoyance vieillesse 2020» et donc un abaissement du taux de conversion. Il en résulte un dilemme. L’avoir de vieillesse d’une personne assurée est certes insuffisant pour financer la rente. Mais l’institution de prévoyance doit la garantir et donc la verser. Ces dernières années, cette situation a eu pour conséquence le transfert de fonds considérables des assurés actifs aux retraités. La situation s’est encore aggravée avec les taux d’intérêt historiquement bas sur les marchés des capitaux et on ne peut pas tabler sur une amélioration rapide.

Baisse des taux de conversion dans le régime surobligatoire

Le taux de conversion légal ne vaut que pour un revenu jusqu’à 84 600 CHF par an. Jusqu’à ce salaire, la caisse de pension doit garantir le taux de conversion légal. La partie facultative, à savoir le régime surobligatoire, débute pour les revenus au-delà de cette limite. Chaque caisse de pension peut fixer un taux de conversion plus bas. Et c’est précisément ce qu’ont fait la plupart des institutions de prévoyance. Ou plus précisément, elles ont été obligées de le faire. Parfois même au-dessous de 5%. Dans tous les cas à un niveau suffisamment bas pour pouvoir assurer le financement croisé des prestations du régime obligatoire.

Conclusion

Même s’il est difficile de l’admettre, le fait est que les taux de conversion devront être révisés à la baisse, compte tenu de la situation économique et démographique. Il est donc important de verser des cotisations d’épargne plus élevées pour être en mesure de conserver le niveau des prestations de la rente pour soi-même et ses collaborateurs.

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